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La rage du raton laveur fait son retour et progresse rapidement après quinze ans d’inactivité en Montérégie et en Estrie, alors qu’un cas a été récemment recensé à Magog.

L’épizootie de rage du raton laveur nécessite une vigilance accrue. Les risques de contact et d’exposition augmentent avec l’arrivée de la saison estivale, les activités extérieures et les vacances.

La docteure Isabelle Samson, directrice de la Santé publique de l’Estrie et Dre Geneviève Baron, médecin-conseil en santé publique, demandent la collaboration de tous afin de diminuer le risque de transmission de la maladie dans la population et de contribuer à la lutte de l’épizootie chez les animaux.

« On veut vraiment que la population ait tout en main pour prévenir ce risque-là. L’humain a quand même une contribution, il peut l’aggraver ou il peut l’améliorer », mentionne la Dre Baron.

Parmi les 21 municipalités visées par la surveillance rehaussée en 2026, figurent notamment Kingsbury, Maricourt, Melbourne, Racine, Saint-François-Xavier-de-Brompton, Stoke, Valcourt, le canton de Valcourt, Val-Joli et Windsor.

Qu’est-ce que la rage et comment l’attrape-t-on?

La rage est un virus que tous les mammifères peuvent attraper, même les humains, bien que ce soit rare. C’est une maladie mortelle à partir du moment où les symptômes se manifestent. La rage s’attaque au cerveau, à la moelle épinière et aux nerfs.

Chez les animaux sauvages, il n’y a pas que les ratons laveurs qui peuvent être atteints, mais aussi les mouffettes, les chauves-souris et les renards arctiques au nord du Québec.

L’image qu’on a d’une bête qui a la rage est un animal «fou furieux» qui peut s’attaquer à lui-même , à d’autres animaux , à des humains ou à des objets. Ce cas existe, c’est la forme furieuse, qui rend l’animal agressif.

La forme paralytique existe également. Dans ce cas, l’animal est confus. Par exemple, s’il est supposé sortir la nuit, il sort le jour ou s’il est censé craindre les humains, il s’en approche. La bête peut aussi sembler blessée, amorphe ou paralysée. Il faut avoir l’instinct de s’éloigner et de signaler la situation, plutôt que de l’approcher pour l’aider.

Une exposition à risque pour les humains ou les autres animaux correspond à tout contact avec la salive d’un animal susceptible d’être infecté. Selon Santé Québec, le virus peut se transmettre d’un animal à un autre ou à un humain lors d’une morsure ou d’une griffure, ou lorsque la salive entre en contact avec une plaie, une coupure, les yeux ou la bouche .Toutefois, ce mode de transmission demeure relativement facile à éviter.

« Le message numéro un, c’est d’éviter le contact », souligne la Dre Samson.

D’où vient la rage ?

Au Québec, le dernier cas humain de rage remonte à l’an 2000 en Montérégie : il s’agissait d’un enfant infecté par la variante de la chauve-souris.

« On ne sort aujourd’hui pas pour être alarmiste, le risque est très faible que l’humain attrape la rage. Mais on veut que les gens connaissent les gestes de prévention et c’est surtout parce que l’été qu’on veut informer la population», rassure la Dre Samson.

Parallèlement, la variante de la rage du raton laveur a progressé de la Floride vers le Canada entre les années 1950 et 2000.

En 2006, les premiers cas de la souche de la rage du raton laveur ont été rapportés au Québec. Le Ministère de la faune a commencé à faire des opérations de vaccination chez les animaux. Le foyer a été éradiqué en 2009.

Malgré les efforts déployés par les États-Unis, il y a eu une recrudescence de cette maladie au Vermont en 2024. La rage a également fait son retour au Québec et est en progression constante.

Zones et opérations de vaccination prévues

Chaque fois qu’un raton laveur infecté est découvert, une zone de risque de 50 km de rayon est établie autour du lieu de découverte, puisque l’animal peut parcourir cette distance.

Trois méthodes de vaccination sont utilisées : la distribution manuelle d’appâts vaccinaux dans des secteurs ciblés (près des lacs, rivières, bâtiments abandonnés et champs agricoles), le largage d’appâts par avion et la capture-vaccination-relâchement de certains animaux.

Au Québec, la région du lac Champlain demeure le principal foyer de rage du raton laveur. Des interventions y ont eu lieu ce printemps et une opération de capture, vaccination et relâchement est toujours en cours. Une campagne de vaccination se déroule aussi à Stanstead, où plusieurs ratons laveurs infectés ont été recensés, afin de freiner la progression de l’épizootie vers Montréal.

Une autre opération est prévue le long de la rivière Saint-François pour limiter la propagation vers la Mauricie et le Centre-du-Québec. À la suite du cas détecté à Magog, une campagne de vaccination aura également lieu cet été à Magog, au nord du Canton et dans le secteur de la rivière aux Cerises. L’objectif est de protéger le secteur touristique ainsi que le corridor menant vers Sherbrooke.

Que faire pour limiter la propagation de cette maladie?

Afin de freiner la propagation, il faut éviter de déplacer les animaux à l’extérieur de leur milieu ou vers une autre municipalité.

Il faut également éviter d’attirer les animaux à proximité des habitations.

Certaines pratiques peuvent également favoriser la propagation de la maladie. La docteure Baron rappelle qu’il est interdit de garder des animaux sauvages en captivité.

« …Le kangourou en Montérégie [Joey, aperçu en liberté à Boucherville en 2025] a mis en lumière qu’on n’a pas le droit de garder des animaux sauvages en captivité », affirme la Dre Baron.

Chaque année, des personnes adoptent des bébés ratons laveurs, ce qui est interdit.

Quant aux animaux domestiques, il est important de faire vacciner les chiens et les chats dès l’âge de trois mois, qu’ils vivent principalement à l’extérieur ou à l’intérieur.

Au-delà de la vaccination, l’adoption de comportements sécuritaires en présence d’animaux est également recommandée.

Ces consignes devraient également être enseignées aux enfants.

Il est possible de signaler les animaux morts, ceux qui semblent malades ou qui présentent des symptômes suspects. On peut contacter le MELCCFP, au 1 877 346-6763. Un formulaire est également disponible sur le site Québec.ca. Une communication de suivi pourra être effectuée à la suite du signalement.

Cependant, il faut se trouver dans une zone de surveillance rehaussée pour qu’une intervention soit effectuée. Les équipes ne récupèrent pas les ratons laveurs partout sur le territoire.

Que faire si on se fait mordre?

Si jamais on se fait mordre ou griffer par un animal susceptible d’être atteint de la rage, tel qu’un raton laveur, des mesures doivent être prises rapidement. Il faut nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon pendant dix à quinze minutes.

«Ça peut éliminer le virus», révèle Dre Baron.

Dre Isabelle Samson, directrice de la Santé publique en Estrie et Dre Geneviève Baron, médecin-conseil en santé publique. (photo Alain Bérubé)
Dre Isabelle Samson, directrice de la Santé publique en Estrie et Dre Geneviève Baron, médecin-conseil en santé publique. (photo Alain Bérubé)

« Il y a des gestes simples, des traitements disponibles. Mais avant avant avant ; on se lave !», ajoute Dre Samson.

Avant de voir des symptômes apparaître, on doit immédiatement appeler le 811. Un protocole sera appliqué pour savoir si vous êtes éligible au vaccin préventif contre la rage.

On peut alors recevoir un traitement préventif contre la rage – efficace à 100% -, qui peut comprendre la vaccination et l’administration d’anticorps. Quatre à cinq doses de vaccin sont nécessaires.

C’est le même principe pour les animaux domestiques, alors qu’il faut aussi nettoyer leur plaie avant tout. Le vétérinaire peut leur prescrire un traitement préventif. C’est même possible de garder l’animal en captivité à des fins d’observation.

La médecin rappelle également qu’il faut faire notre possible comme humain pour aider les gens de la faune et du ministère de l’environnement à contrôler cette épizootie. En santé humaine comme en santé animale, on a tous à gagner de faire notre part.

«Une action rapide peut faire toute la différence, et même sauver une vie.», conclut la Dre Baron.

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